Paul Valéry, un penseur de notre temps
« ... désormais nous autres civilisations, nous savons que nous sommes mortelles... » Ecrites au lendemain de la première guerre mondiale, ces paroles seront comme une prophétie pour les années qui allaient suivre... Certains lecteurs auront reconnu leur auteur : Paul Valéry. (la crise de l’esprit – 1919).
Il est né à Sète en 1871 d’un père corse et d’une mère italienne. Les Valéry sont originaires de Bastia. Ils furent marins. Le plus illustre d’entre eux, Vittorio, était au côté de Cervantès à la bataille de Lépante le 7 octobre 1571. Fanni Grassi, sa mère, est d’origine vénitienne.
Paul, pas assez matheux, devra renoncer au concours d’entrée à l’Ecole Navale. Il fera du droit, mais déjà tâte la muse poétique. Le symbolisme l’attire. La lecture "d’A rebours" de Huysmans lui a fait connaître Mallarmé. C’est son ami Pierre Louÿs qui les mettra en relation, relation qui s’étendra aussi à Hérédia et Gide. Il semblerait que sa vocation poétique soit alors irrévocable lorsqu’en 1892, par une nuit d’orage, à Gênes dans la famille de sa mère, il rejette tout ce qui peut être perturbation sentimentale ou divertissement artistique, au sens pascalien du terme.
Adoptant alors une vie quasiment monastique, sur un tableau noir de sa chambre il retrouve les mathématiques. Excellent exercice de l’intelligence conceptuelle dira-t-il. Ce sera une période, où délaissant la poésie, très tôt le matin, il rédigera les deux cent cinquante-sept Cahiers.
En 1900 il entrera à l’agence Havas. Secrétaire particulier d’un administrateur il a un poste d’observateur pour suivre la politique mondiale, et les grands mouvements financiers. Il se mariera la même année avec Jeannie Gobillard nièce de l’épouse du peintre Manet.
Cependant André Gide et Gaston Gallimard allaient réveiller le poète qui sommeillait en lui, en lui demandant de publier ses œuvres de jeunesse. Il fit mieux. Pour étoffer le recueil de poèmes il allait composer « La Jeune Parque » dont l’accueil fut immense.
Puis vers 1922 Paul Valéry, sous le titre de Charmes, regroupera les poèmes écrits depuis la Jeune Parque.
C’est à cette époque que Paul Valéry sera élu : plus grand des poètes de son temps.
Il mourut, couvert de gloire en 1945 et selon sa volonté il repose à Sète au Cimetière Marin.
Claude Bernard